L’Étang au lotus (1)

De son vrai nom Maximiani Portas, celle que l’on surnomma ” la prêtresse d’Hitler ” reste entourée d’une aura sulfureuse et sa démarche intellectuelle et spirituelle, abondamment caricaturée, déformée, n’a guère trouvé d’écho en-dehors de cercles très restreints. Elle mérite pourtant que l’on s’y arrête, fut-ce pour en contester certains points.

Savitri Devi Mukherji était en effet, à l’instar d’une Alexandra David-Neel, autre voyageuse intrépide et aventureuse, dotée d’une personnalité fort originale. En témoigne ce livre écrit en 1934, lors d’un premier séjour en Inde où elle est arrivée dix-huit mois auparavant, et dans lequel elle livre ses impressions sur le pays et ses habitants.

Dans sa préface, Pierre-Marie Le Diberdier insiste à juste titre sur le double intérêt de ce récit : témoignage d’une Européenne sur ce qu’était la vie en Inde avant la Seconde Guerre mondiale, il permet aussi de connaître avec précision la réalité de la pensée de son auteur à cette époque, bien avant qu’elle ne l’évoque dans sa biographie, écrite au début des années 1960.

Au-delà du pittoresque des descriptions est des évocations colorées, on y découvre l’âme vibrante d’une femme déçue par la médiocrité de l’Occident démocratique, en quête d’une tradition vivante dont elle pressent qu’elle fut celle de l’Europe aryenne d’avant le christianisme, et qui découvre dans la société indienne structuré en castes la mise en oeuvre (et la justification) des thèses raciales, ou “racialistes”, dont elle se fera plus tard la championne.

Un témoignage d’autant plus intéressant qu’il n’est pas encombré par le fatras idéologique et ne prétend convaincre que par la ferveur et l’admiration qu’elle témoigne à sa seconde partie.

P.-L. M.
Rivarol – No. 2750
10/02/2006

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